Précisions importantes concernant le Chlore !

par "Pierre L'écoleau" dans Qualité Eau | Pas de commentaire

Bonjour ,

Au vu de certains commentaires Facebook assez « douteux » et relayant des affirmations tout aussi approximatives, concernant le coté « indispensable » du chlore dans notre organisme et pour notre santé, il est opportun d’apporter ici des rectifications de langage importantes, pour bien faire la différence de ce dont on parle précisément !
Le Chlore se présente sous diverses formulations, et sachons rester sur les justes considérations de chacune, en rapport à leur origine, ou leur fonction, ou leur implication, ou … leurs conséquences !
Merci à tous pour votre attention.

Je vous livre ici les rectifications d’un éminent (et indépendant !) scientifique spécialisé sur l’Eau, par rapport à des affirmations erronées de diverses sources sur le Net :
Bonne lecture
« Pierre L’écoleau »

 

Quelques précisions concernant le « chlore » dans l’organisme vivant

www.eautarcie.org

 

Il vaut mieux préciser de quoi on parle quand on dit « chlore »

Vu du point de vue scientifique, la dénomination « chlore » est une sorte de raccourci de langage. Quand on parle des « effets du chlore » sur l’organisme vivant, il est préférable de bien préciser de quelle forme dont il est question.
Le chlore, en tant qu’élément peut prendre plusieurs formes, chacune de ses formes ont des propriétés chimiques, physiques et biologies très différentes.

Le chlore en tant que « corps simple » est une molécule diatomique de formule Cl 2 , électriquement neutre. Dans des conditions dites « normales » (25°C, 1 bar de pression) il se trouve à l’état gazeux. Il s’agit d’un gaz très toxique de couleur jaunâtre et d’odeur piquante. Son inhalation conduit rapidement à la mort.
Ce gaz se dissout dans l’eau, mais ce faisant il en modifie profondément les propriétés chimiques, physiques et biologiques. Sous forme de corps simple le chlore est un puissant oxydant  [1].
[1] L’oxydation est un enlèvement d’électrons e (particule élémentaire portant une charge électrique négative). La réduction est une fourniture d’électrons. Donc dans une réaction d’oxydation-réduction, ou rédox il y a toujours un échange d’électrons. Parallèlement, a dissolution d’un acide augmente l’activité des protons [H+] dans l’eau, celle dune base la diminue.

La dissolution d’un oxydant, comme le chlore élémentaire Cl 2 , provoque une réaction avec l’eau en lui arrachant ses électrons, tandis que celui d’un réducteur comme la vitamine C, fournit à l’eau des électrons. Le chlore y augmente l’activité d’oxygène [O 2 ]↑ , tandis qu’un réducteur va augmenter l’activité d’hydrogène [H 2 ]↑ .

De telles opérations transforment fondamentalement l’eau, en déplaçant l’équilibre des charges électriques. En fait, en déplaçant l’équilibre d’auto-électrolyse toujours présent dans l’eau H 2 O + H 2 O ⇄  2H 2 + O 2 , soit on augmente l’activité d’oxygène et nous parlons alors d’aérobiose, soit en augmentant l’activité d’hydrogène,
on crée un milieu anaérobie.
Le chlore élémentaire forme également un système rédox, avec une forme oxydé Cl 2 et une forme réduite Cl , qu’on appelle ion chlorure, par la réaction de réduction Cl 2 + 2e ⇄  2Cl . Le chlore Cl 2 se réduit en ions chlorures Cl . Les ions chlorures constituent donc une autre forme de l’élément chlore.

Le chlore en tant qu’anion chlorure Cl est fondamentalement différent du chlore Cl 2 corps simple. Sous forme ionique il ne réagit absolument pas avec l’eau. Il n’en modifie ni les propriétés rédox, ni celles d’acide-base.  L’anion chlorure est donc neutre et indifférent. Dans l’organisme vivant, son rôle est le maintien des équilibres ioniques. C’est aussi une des composantes du chlorure de sodium appelé aussi « sel de cuisine ».

Le chlore élémentaire Cl 2 , dissous dans l’eau en modifie brutalement les équilibres rédox, en diminuant l’activité d’hydrogène que l’on peut chiffrer par le rH 2 . Dans un milieu aqueux oxydant et oxydé, le rH 2 est élevé.  On le définit par la relation logarithmique rH 2 = -log[H 2 ], où [H 2 ] est l’activité (qui n’est pas la concentration !) d’hydrogène qui chiffre en fait l’activité électronique.  Plus l’activité électronique est faible (rH 2 élevé) plus on est en milieu oxydée, où se trouve le terrain de multiplication de tous les virus. L’opposée de cette situation est le milieu « antioxydant », à rH 2 très bas. Dans un milieu antioxydant, les radicaux libres sont aussi immédiatement désactivés.

Soi dit en passant : en toute rigueur, les ions chlorures ne sont pas des oligo-éléments. Ces derniers sont essentiellement des éléments métalliques [2] en faible concentrations, assimilés par les organismes vivants sous forme ionique.
[2] Wikipedia : « Un oligo-élément est un sel minéral nécessaire à la vie d’un organisme, mais en quantité très faible, inférieure à 1 ppm (1 ppm par kg de poids corporel) » Bien que le chlorure de sodium est aussi rangé par certains dans cette catégorie, c’est discutable, puisque la condition « 1 ppp par kg [1 mg/kg] de poids corporel » dans ce cas n’est pas satisfaite.

Une autre remarque. Lors qu’on affirme que « le chlorure intervient dans la régulation du niveau d’acidité du sang ou du pH », j’ai des difficultés pour comprendre. En effet, le pH = -log[H+] exprime l’activité protonique [H+] du milieu aqueux ou les propriétés acide-base. Donc pour modifier le niveau d’acidité du sang, il faut y introduire une base ou un acide qui peut soit capter, soit donner des protons H+ . Les ions chlorures Cl sont rigoureusement neutres au point de vue acide-base et son indifférents au point de vue rédox. Il en est de même pour les ions de sodium Na+ . Donc ni les ions chlorures, ni le chlorure de sodium ne peuvent influencer le pH du sang.

Dire que « le liquide de nos cellules contient du sodium et du chlore » n’est pas exact. Ce liquide peut contenir des cations Na+ et des anions Cl . Le sodium est un métal alcalin qui, introduit dans le sang dégagerait immédiatement des bulles d’hydrogène (embolie) et rendrait le sang extrêmement basique. De même, l’introduction du chlore, serait rapidement mortel.

Dire que « sans sel, nous serions condamnés à mourir de déshydratation » est également une affirmation pour le moins étonnante. Je pense ici aux naufragés en mer, privés d’eau douce. En absorbant l’eau de mer, ces malheureux meurent en réalité de déshydratation. C’est précisément l’excès de sel qui déshydrate l’organisme. En effet, c’est la pression osmotique élevée de l’eau de mer qui provoque un abaissement de pression dans le système digestif [3]. Plus la pression osmotique est élevée, plus il y a dépression par rapport aux liquides de l’organisme.
[3] Remarque : mathématiquement la pression osmotique est une grandeur physico-chimique négative.

Lorsqu’on affirme que « Les pathologies rénales résultent parfois d’un taux anormalement élevé ou bas de la vitamine D et du chlore dans le sang », il serait plus juste de dire : « des ions chlorures dans le sang ».  Car cette précision change tout. Le « chlore » injecté dans le sang provoquerait rapidement la mort. Parlons aussi «d’ionogrammes dans le sang ». En effet, ces analyses sont très importantes pour suivre l’évolution de certaines pathologies. L’altération des rapports ioniques comme Na+ /K+ et Mg2+ /Ca2+ peuvent être signes largement précurseurs des divisions cellulaires anormaux. Il semblerait que ces rapports soient précisément influencés par le rH 2 .

Dire que « les ions chlore constituent un des éléments du suc gastrique (acide chlorhydrique) qui nous aide à digérer nos aliments » est inexact. Dans les sucs gastriques très acides (pH ~ 2), ce n’est pas le « chlore » (par ailleurs absent) et encore moins l’ion chlorure Cl qui rend le milieu acide, mais ce sont les ions H+ . Vous pouvez absorber de grosses quantités de sels (contentant des ions chlorures), sans faciliter le travail de digestion de l’estomac.

Une autre remarque : « les ions chlore jouent en outre un rôle déterminant dans notre système immunitaire » n’est pas exact non plus. Dans cette phrase, il fallait remplacer les mots « les ions chlorure » par le mot « chlore » qui désigne le corps simple Cl 2 aussi utilisé pour désinfecter l’eau à distribuer. Car ce ne sont pas les « ions chlore » qui modifient l’état de notre système immunitaire, mais précisément le chlore Cl 2 ou plus exactement l’absorption de l’eau désinfectée à faible activité électronique qui modifie le système immunitaire. Il amène progressivement le rH 2 du sang dans le domaine de développement des virus.

L’individu dont les coordonnées pH – rH 2 de son sang sont dans le domaine oxydé et légèrement basique, en cas d’infection virale, son système immunitaire sera incapable de lutter contre l’agent pathogène.

Mons (Belgique), le 22 mai 2020.
Joseph ORSZÁGH
www.eautarie.org

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